Stanley Ho: Le mastodontes des casinos de Macao

Stanley Ho, une grande figure des casinos a MacaoLe nom de Stanley Ho figurera sûrement très longtemps dans l’histoire de Macao. Première fortune de cette région à statut particulier de Chine, celui que l’on a surnommé « The king of gambling » restera en effet le précurseur des jeux de casino à Macao. Ainsi, même si aujourd’hui son hégémonie est clairement mise à mal par l’ouverture récente de ce marché, la nouvelle Mecque du casino reste très « redevable » à cet entrepreneur chinois venu de Hong Kong au début du XXe siècle.

De Hong Kong à Macao

C’est à Hong Kong, dans l’une des plus grandes dynasties chinoises que naît Stanley Hung-sun, le 25 novembre 1921. À l’époque, sa famille est l’une des plus riches et des plus puissantes de l’île. Mais en 1934, un krach boursier cause la ruine de la famille. Ainsi, dès l’âge de 13 ans, Ho se donne pour ambition de rebâtir cet empire qu’il a vu s’effondrer devant ses yeux, emportant avec lui deux de ses frères qui se sont suicidés après la faillite. Démarrant des études en japonais, en portugais et en anglais, il devra toutefois les arrêter en 1942 à cause de l’invasion japonaise qui l’oblige à fuir Hong Kong pour Macao.

À 22 ans, il débarque ainsi dans la ville avec des rêves pleins la tête. Il commencera son parcours professionnel au sein d’une entreprise japonaise d’import-export dont il deviendra très vite associé grâce à son flair et à son exceptionnel sens des affaires. En 1943, il crée une compagnie de kérosène puis s’investit activement dans l’immobilier, profitant pleinement du boom lié à la reconstruction du Hong Kong d’après-guerre. Beaucoup de sources évoquent par ailleurs une certaine implication de Ho dans la contrebande entre la Chine et Macao durant la Seconde Guerre mondiale. Dans tous les cas, à la fin des années 50, Stanley Ho possède déjà une certaine fortune qui lui permettra de réaliser ses plus folles ambitions.

Monopole des casinos de Macao

Au début des années 60, Stanley poursuit la construction de son empire, se diversifiant au maximum. Il crée ainsi en 1961 le Shun Tak Holdings et acquiert une imposante flotte de ferries qui assurent la liaison entre Hong Kong et Macao. Mais c’est en 1962 que Stanley Ho réussit le coup de maître qui garantira sa fortune. Cette année-là, son beau-père parvient, grâce à sa très grande influence, à lui obtenir le monopole du jeu à Macao. Avec un investissement de seulement 410 000 dollars, il succède ainsi à la famille Fu qui détenait jusque-là le monopole. C’est la consécration pour Ho, qui devient alors en quelques années « l’homme qui réalise les rêves ».  Sa principale société, la Sociedad de Turismo e Diversoes de Macau (STDM) entreprend alors la construction de casinos ultramodernes pour développer l’industrie du jeu dans la ville. Très vite, Ho fera construire une quinzaine de casinos dans Macao multipliant ainsi immensément son patrimoine. Continuant à prendre des parts dans d’autres domaines de l’activité de la cité, il devient très vite l’homme le plus riche de Macao, mais aussi de toute l’Asie. Sa contribution au PIB local atteint ainsi des proportions renversantes. Pendant 40 ans, Ho sera donc le roi incontesté du casino à Macao et créera une petite Las Vegas asiatique qui attire toujours plus de joueurs d’Asie et du reste du monde.

Ouverture du marche du jeu

Mais le 31 décembre 2001, le monopole de Stanley Ho sur l’industrie du jeu de Macao prend fin. Après la rétrocession de Macao à la Chine par les Portugais en 1999, la Chine décide en effet d’ouvrir le marché macanéen aux investisseurs étrangers. Pour beaucoup, cette décision est motivée par la volonté du gouvernement chinois de réduire l’impact jugé excessif de Ho sur l’économie de la région autonome de Macao. Pour d’autres, elle résulte simplement du lobbying exercé par certains géants de l’industrie du casino désirant conquérir totalement le marché asiatique. Toujours est-il que dès le début de l’année 2002, Ho doit faire face à la féroce concurrence de magnats de Vegas tels que Sheldon Adelson (PDG du Groupe Las Vegas Sands, détenteur du Venetian Casino) ou encore Steve Wynn (Président de Wynn Resorts Limited qui détient entre autres The Mirage et le Bellagio).

Au début Stanley Ho profite toutefois beaucoup de cette ouverture, réalisant des plus-values encore plus importantes grâce au nouvel afflux de high rollers sur Macao. Mais les années suivantes seront un peu plus dures en raison de l’érection de gigantesques casinos tels que le Wynn Macao (2006) ou le Venetian Macao (2007). Stanley Ho ne se laisse toutefois pas impressionner et répond en faisant construire le Grand Lisboa (achevé en 2008), un complexe de 136 000 m² et de 261 mètres de haut. C’est actuellement le plus haut bâtiment de Macao. Ainsi, même malmené, Ho résite et conserve le plus grand nombre de casinos de la ville (29) proposant plus de 4500 tables de jeu.

À plus de 90 ans, Stanley Ho reste très impliqué dans l’industrie du jeu de Macao. Certains de ses enfants sont également très impliqués dans le milieu. C’est le cas notamment de sa fille Pansy Ho qui détient la moitié des parts du MGM Macau et Lawrence Ho actuel PDG du groupe Melco Crown Entertainment. Les sociétés de la famille Ho sont également très impliquées dans des projets en Russie, au Vietnam, en Corée du Nord et aux Philippines.

Articles sur Stanley Ho